Tel que révélé à
Marshall Vian Summers
le 12 mars 1988
aux USA 

Les spéculations vont bon train concernant l’accomplissement dans la vie et ce qui le génère. Mais nous aimerions parler dans ce chapitre de ce que l’accomplissement lui-même génère car, voyez-vous, vous ne pouvez le générer par vous-même. C’est quelque chose qui survient naturellement quand vous entrez en interaction avec la Connaissance, votre esprit authentique. Il se manifeste lorsque vous vous êtes joint à votre esprit, une partie de vous-même qui siège à l’intérieur de vous, et à d’autres personnes autour de vous, et ce, dans un but défini.

Les gens perçoivent souvent l’accomplissement comme le résultat final, ce dont on fait l’expérience en fin de compte, une fois que tout a été dit et fait. Cette perception le met hors de votre portée puisque votre vie est loin d’être terminée. Nous ne voulons pas que l’accomplissement soit une possibilité future ; vous devez y avoir accès immédiatement. À ce moment-là, il ne s’agit pas d’un accomplissement intégral, mais il n’est pas nécessaire que ce le soit puisque celui-là vous mènera vers un autre, beaucoup plus complet. C’est une expérience que vous voudrez honorer en vous parce qu’elle vous redonne la paix et un sentiment de but atteint et d’efficacité.

Votre vie étant encore sur le métier, ne pensez pas à l’accomplissement en termes de résultat final. Et puisqu’il échappe à toute définition, concevez-le par rapport à votre expérience actuelle. Nous vous encourageons à travailler avec les idées que nous présentons dans ce chapitre, et à y réfléchir sérieusement. Même si elles vous sont familières, n’allez pas penser que vous avez tout compris. Nous vous les présentons dans le but de vous aider.

Un des effets de l’accomplissement sur lequel nous aimerions tout de suite attirer votre attention est la gratitude. La gratitude occupe une place importante dans l’expérience de l’accomplissement. Elle vous ouvre à une sensation de paix intérieure et de profonde association pendant votre incarnation.

L’accomplissement vous est accessible, peu importe l’état actuel des affaires sur cette planète, car vous n’êtes pas d’ici. Vous êtes un visiteur et, à ce titre, vous êtes en mesure de vaincre les tribulations rencontrées et de fournir une réelle contribution. Vous avez la capacité de vous élever au-dessus de la misère et de la confusion que vous percevez autour de vous, et ce faisant vous apportez ce quelque chose de votre ancienne demeure dont le monde a grandement besoin. Notre présence à vos côtés ajoute le renforcement nécessaire et vous rappelle que cet accomplissement est réel et possible. Qu’il vous revient.

Tout d’abord, parlons un peu de la Connaissance ; ensuite, nous discuterons de l’expérience de l’accomplissement. La Connaissance, votre esprit véritable, vous anime. Ce n’est pas un esprit que vous avez créé au cours de cette vie. Vous ne l’avez pas acquis de votre environnement ni de vos relations. Il vous est intrinsèque. C’est l’esprit derrière votre esprit, ou sous-jacent à votre esprit, selon votre façon de voir les choses. Il pense à sa manière, assez spécifique et très différente de votre esprit conscient. Il est tout à fait tranquille, fort et calme. Mais quand il pense, ses pensées ont beaucoup d’impact.

Vous devez consentir à une approche graduelle de cette qualité d’intelligence parce qu’elle est très puissante. Vous devez apprendre à la recevoir, à lui faire confiance et à l’employer correctement. Et pour la servir avec sagesse, vous devez également apprendre comment elle affecte ceux qui vous entourent. Son pouvoir est très bienveillant, mais elle agit considérablement sur les autres. Elle est en vous, à l’abri de toute interférence de votre part. Vous ne pouvez pas l’altérer, mais vous pouvez entretenir des idées inexactes à son sujet et penser que vous l’utilisez quand, en réalité, ce n’est pas le cas, commettant ainsi de sérieuses bévues. Mais l’erreur ne peut la toucher puisque c’est l’intelligence même.

La Connaissance tire son appellation du fait d’être intelligente. Elle recèle aussi votre rôle dans le plan. Cette idée d’un plan est très difficile à saisir dans toute son ampleur. De toute évidence, cela suppose que vous faites partie de quelque chose de plus grand, que vous n’êtes pas seulement un individu isolé vivant séparé du reste du monde. Vous faites partie d’un plan. Ce n’est pas un plan que vous êtes censé comprendre intégralement puisque ce n’est pas possible. Vous n’avez pas toute la gamme de perceptions nécessaires pour le saisir ni la capacité de le faire, mais ce n’est pas important. Ce qui importe, c’est que vous puissiez découvrir qu’un plan existe, que vous en faites partie, que votre inclusion est entièrement naturelle et innée en vous, et que ce plan offre une promesse très réelle pour votre vie.

La Connaissance étant intelligente, elle pense, spontanément et continuellement. Elle n’est pas semblable à un programme informatique préétabli. Elle est vivante, elle réfléchit, elle répond, en ce moment même. Sa fonction est de vous guider. Quand nous parlons de guidance intérieure, nous nous adressons aux individus qui se lancent dans l’étude de la Connaissance. Vous commencez à en faire l’expérience ; puis, elle grandit et grandit et sa grandeur est telle qu’elle vous dépassera toujours. N’allez surtout pas croire que vous pouvez la définir ou l’intégrer dans un système de pensée, car elle est tellement supérieure à cela. De même que la Connaissance est cet esprit derrière le vôtre, il y a aussi un Esprit derrière votre Connaissance, et c’est Dieu.

On peut se représenter la Connaissance sous de nombreux et différents aspects. Nous désirons vous en présenter quelques-uns afin que vous puissiez la reconnaître dans votre propre expérience. L’intuition profonde est le premier aspect de la Connaissance que les gens identifieront. Habituellement, ce sont des circonstances tout à fait hors de l’ordinaire qui la stimulent, par exemple un danger, une situation très difficile, ou des circonstances extrêmes. Il est important que vous compreniez cela, étant donné que tous les individus recherchent plus de sécurité et de confort. Tous veulent échapper aux difficultés et au labeur. Pourtant, plus vous repoussez les difficultés, plus vous êtes loin de la Connaissance. Pourquoi ? La Connaissance est-elle empreinte de difficultés ? Non, mais vous avez d’habitude besoin de ce genre de circonstances pénibles pour franchir les limites du conscient et pénétrer plus en profondeur en vous-même. L’inéluctable nécessité est là. Vous devez savoir.

À l’avenir, vous n’aurez plus besoin de ce genre de stimulation provoquée par les difficultés pour vous connecter à la Connaissance. Cela ne fait pas partie du processus normal. Mais pour le moment, vous êtes séparé de la Connaissance. Vous créerez donc des circonstances qui vous inciteront à fournir l’effort nécessaire pour l’atteindre. Vous vous assurerez que votre vie vous conduit à ce seuil. Voilà ce qui explique que les gens laissent leurs dilemmes dégénérer jusqu’à l’extrême. Ils commettent les mêmes violations du soi jusqu’à ce que cela devienne intolérable. Ils restent dans les mêmes situations jusqu’à ne plus pouvoir les supporter. Alors, ils n’ont plus le choix ; ils doivent découvrir quelque chose.

N’allez pas croire que la douleur et la Connaissance sont vraiment associées, car ce n’est pas le cas. La Connaissance est un savoir naturel. Ce n’est pas un processus de cogitation au sens habituel du terme ni le résultat d’une délibération ou d’un choix. C’est réellement un cadeau de Dieu. Vous pourriez exiger de Dieu un monde plus beau et des circonstances moins douloureuses, des dehors plus agréables et des temps plus heureux, mais, nous vous l’assurons, vous ne pouvez recevoir plus grand cadeau que votre propre Connaissance. C’est là votre dilemme.

La Connaissance vous montrera qui marier, quel travail faire, où aller ensuite, avec qui vous engager, et qui éviter. Elle le fait sans jugement ni condamnation. Elle résout le problème de l’autorité vis-à-vis de Dieu parce que vous percevez que quelque chose en vous vous mène ; mais vous percevez aussi que cette chose vous est tellement supérieure que ce ne peut être vous. Ceci est très important.

Les gens ont des manières très particulières de se conduire face à une plus grande autorité. Par exemple, ils évitent toute autorité qui les dépasse – ce qui est très idiot – ou ils se plient à une autorité supérieure sans réfléchir – ce qui est également idiot. Alors, vous devez trouver en vous un moyen de solutionner ce dilemme afin de guérir ce rapport fondamental à Dieu. Nous vous assurons que si vous guérissez ce rapport, vous n’aurez plus de problèmes les uns avec les autres. Ce dilemme est la source de toute votre culpabilité et de toutes vos inquiétudes. et le monde tel que vous l’avez sous les yeux en est la conséquence.

La Connaissance révèle la relation intrinsèque. C’est pourquoi il vous arrivera à certains moments de rencontrer quelqu’un et d’avoir cette impression instantanée de profonde reconnaissance au point où cela pourrait même vous effrayer. Si vous observez cette reconnaissance, vous réaliserez qu’elle n’est pas karmique. Elle n’a rien à voir avec les relations créées au cours de vies passées, ces dernières étant très superficielles comparées à cela. Les relations activées par la reconnaissance ont été établies au-delà du monde. Vous pourriez même éprouver certaines difficultés avec une personne rencontrée parce que vos personnalités pourraient s’entrechoquer. Mais il y a tout de même cette grande reconnaissance qui dépasse toute description. Vous n’avez besoin d’aucune introduction. En fait, vous voulez juste rattraper le temps perdu tous les deux. « Et toi, comment es-tu arrivé ici ? »

Voyez-vous, une très grande part de vous-même n’a rien à voir avec le monde. Et une autre part est complètement impliquée dans le monde. La part de vous qui n’a rien à voir avec le monde est censée guider la part de vous si complètement impliquée dans le monde.

Nous avons précédemment parlé de l’importance des maîtres intérieurs. Cette discussion vise en partie à permettre aux individus de reconnaître leurs problèmes par rapport à l’autorité. Certains disent : « Non, je n’ai besoin d’aucun genre de maître. Pourquoi en aurais-je besoin ? J’irai directement à Dieu ! » Mais d’autres disent au contraire : « Ah, un maître ! Je ne vivrai que pour lui ! » Voilà deux extrêmes. La majorité des gens se situent quelque part entre les deux.

Il est très difficile de comprendre ce qu’un vrai maître signifie pour vous quand vous réfléchissez avec la partie de votre esprit qui gère votre aspect personnel. On perd toujours dans cette approche. Ou votre maître est déprécié et négligé, ce qui constitue une perte pour vous puisqu’il vous apporte des cadeaux, ou vous vous abandonnez à votre maître, ce qui est dans ce cas une perte pour vous deux puisque son objectif est que vous revendiquiez vos capacités et avec elles, votre sens du soi. Les maîtres anticipent ces difficultés. C’est pourquoi ils travaillent derrière la scène dans la plupart des cas, contribuant à votre éducation de manière telle que vous serez capable d’expérimenter à nouveau vos capacités et d’apprendre à les exploiter efficacement.

Seule la Connaissance importe. Chacun de vous aura sa façon unique de la découvrir selon ses circonstances personnelles. Votre Connaissance est profondément sage, même au regard de vos affaires ordinaires. C’est ce qui la rend si efficace. Puisque la Connaissance ne vient pas d’ici, elle est d’une incomparable efficacité étant donné que la peur ne l’atteint pas. Elle active la Connaissance chez les autres, les amenant ainsi à agir noblement en situations difficiles.

Pourtant, certains diront : « Pourquoi ai-je besoin d’un maître quand j’ai toute cette sagesse en moi ? Je contournerai les maîtres et j’irai droit à Dieu. Les maîtres sont une nuisance, un obstacle. » Oui, vous pouvez nourrir cette opinion. Mais cela ne change pas le fait que vos maîtres intérieurs sont ceux qui vous initient à la Connaissance. Votre attitude ne fait que limiter votre contact avec eux. Et pourquoi cette initiation ? Pour que vous puissiez devenir l’un d’eux.

La raison sous-jacente à tout cela est que votre vie actuelle est préparatoire à la vie qui vous attend dans l’au-delà, en même temps qu’elle constitue une expérience en soi. Cela fait partie de la difficulté de comprendre les circonstances de votre vie, car nombre de vos expériences d’apprentissage n’ont rien à voir avec cette vie. Elles se rapportent à la vie à venir. Ainsi, les gens apportent de merveilleuses justifications et des explications métaphysiques à tout ce qui se passe. C’est bien. Tout cela vous prépare parce que votre vie s’étend bien au-delà de ce monde situé à mi-chemin de votre voyage de retour vers la maison. Une vaste gamme d’expériences s’échelonne le long de ce chemin de retour.

Maintenant, pour poursuivre notre réflexion sur l’accomplissement, nous aimerions utiliser l’analogie avec le chirurgien qui opère un patient. Vous êtes le chirurgien ; le monde est le patient. Quand le chirurgien opère son patient, il ne souffre pas à sa place. Non. Le chirurgien travaille sur lui tout simplement. Lorsqu’il exécute sa tâche, ni l’avenir ni le résultat ne sont totalement prévisibles. Il travaille sur le patient, c’est tout. Il ne s’arrête pas pour discuter combien tout cela est terrible pour le patient. Il ne s’inquiète pas inutilement de son histoire, excepté dans la mesure où cela affecte sa performance du moment. L’histoire du patient et son avenir ne sont pas importants, seul le traitement en cours l’est.

Cette analogie vise à démontrer que le chirurgien peut faire l’expérience de l’accomplissement tout en travaillant sur le patient, bien que la situation soit critique. Cela signifie que vous pouvez être dans le monde et vous réaliser pendant que vous y travaillez. Le chirurgien sait que son patient est en détresse. Sinon, où serait le besoin de chirurgie ? Donc, le malaise du patient n’est pas mis en doute, mais le rôle du chirurgien est de travailler sur le patient, point à la ligne.

Votre accomplissement se rattache à la raison de votre venue en ce monde, à votre mission. Vous n’êtes pas en vacances ici. Il y a de meilleurs endroits pour cela. Vous n’êtes pas non plus venu pour travailler sur vous-même. Comment le pourriez-vous ? Vous n’avez accès qu’à votre personnalité et elle n’exige pas tant de remodelage puisque ce n’est justement qu’une personnalité. Et vous ne pouvez certainement pas travailler sur votre Connaissance, qui, elle, travaille sur vous. Vous pouvez, en cours de route, modifier quelque peu votre perception, votre comportement, vos attitudes et votre expression, mais c’est tout.

Une autre qualité très importante du chirurgien est que ce dernier ne travaille pas sur lui-même mais sur le malade. C’est cette attention totale dirigée vers le patient qui le rend compétent – cela et son entraînement. Si le chirurgien était distrait, s’il pensait à autre chose, il pourrait commettre une erreur. C’est cette approche résolue qui rend l’accomplissement possible. Le chirurgien se concentre sur la tâche immédiate. Pour lui, ce n’est pas une question de bonheur ou de tristesse, de ciel ou d’enfer. C’est cette même qualité d’attention concentrée que Dieu porte au monde.

Qu’est-ce qui rend le chirurgien si efficace ? Sa concentration. Il se focalise sur une seule chose. Cela lui donne du pouvoir sur ce qu’il a à faire. Moins le mental prend de la place, moins il est puissant ; plus il s’agite, moins l’individu a de pouvoir sur les circonstances. Tout individu qui se concentre, que ce soit en vue du bien ou du mal, exercera un énorme pouvoir. Pourquoi ? Si vous vous concentrez sur une seule chose, vous ne traitez pas de conflits intérieurs et cela donne de la puissance à votre esprit. Vos efforts sont plus uniformes et mieux dirigés, et vous exercez une influence plus forte sur les esprits faibles, qui, eux, ne sont pas concentrés dans leur approche.

Il est très important que vous compreniez cela. Ne vous pensez pas à l’abri des influences. Votre Connaissance ne peut pas être influencée par la personnalité des autres, mais votre esprit peut l’être grandement. Si ces autres sont mieux concentrés dans leur approche que vous, ils vous influenceront. Nous ne disons pas cela pour vous effrayer. C’est un fait tout simplement. Si vous êtes connecté à la Connaissance, ce n’est pas un problème parce qu’elle est plus puissante que n’importe quelle personnalité.

Simplifier et unifier votre vie : voilà le premier objectif de votre développement. Et le facteur unifiant, c’est la Connaissance, elle-même unie dans son objectif et dans sa pensée. C’est pourquoi elle ne pense pas de la même manière que vous. Elle ne demande pas quel est le choix approprié. Elle ne discute pas de choses ni ne déduit. Elle n’incite pas à des choses. Quand vient le temps d’agir, elle agit. C’est comme un instinct spirituel très, très profond. Cependant, elle ne vient pas à vous sur demande.

À présent, il est très important que vous portiez attention à vos pensées et à vos comportements et que vous développiez des compétences en ce sens, car observer objectivement votre vie vous donne une bien meilleure perspective sur ce que vous faites et ce qui peut être fait grâce à vous. Mais cela a ses limites. En fait, ce n’est pas la partie la plus importante.

Quand vous éprouvez la Connaissance, vous n’êtes pas conscient de vous-même, mais vous êtes profondément conscient des choses qui vous entourent. Cela ne vous semble-t-il pas contradictoire ? Après tout, ne s’agit-il pas ici de devenir plus conscient de vous-même ? N’est-ce pas ce qui devrait se produire ? Oui, vous devenez de plus en plus conscient de vous-même, et ce, en permanence. Tout cela est très mystérieux, et les mots ne peuvent suffire à l’expliquer. Mais quand vous éprouvez la Connaissance, vous êtes comme le chirurgien qui observe le patient. Vous êtes complètement présent à la situation. Vous n’êtes pas conscient de vous-même. Vous êtes vous-même. Voilà la différence. Un observateur est encore séparé. Mais dans ce cas-ci, vous êtes vous-même. C’est cela l’accomplissement.

Comment pouvez-vous réaliser la Connaissance ? Comment pouvez-vous la découvrir ? Ne devez-vous pas vous purifier d’abord et vous libérer de la peur et de la colère ? Ne devez-vous pas avoir des pensées plus profondes que celles que vous avez maintenant ? Pas nécessairement. Mais si choisir la Connaissance se fait consciemment, cela exige par contre quelques prémisses très fondamentales et des étapes de départ qu’il faut constamment renforcer étant donné qu’on les oublie facilement.

Vous devez honorer la Connaissance en vous au plus haut point, même si vous ne savez pas ce que c’est ou ce qu’elle fera. Cela sous-entend que vous autorisiez le mystère dans votre vie, et ce mystère, dans sa beauté et dans sa signification, invite à la vénération. Cela exige que vous reconnaissiez votre ignorance sans toutefois vous condamner. Cela signifie que vous acceptiez le rôle d’élève en rejetant l’idée que vous en savez beaucoup. Cela exige que vous honoriez et revendiquiez ce que vous savez sans en douter. Vous êtes ouvert à la possibilité que votre point de vue soit corrigé, mais vous êtes très sûr de vous dans votre revendication de la Connaissance.

La Connaissance fera ses preuves, mais vous devez d’abord la suivre. Elle vous a sauvé la vie auparavant, et c’est peut-être l’expérience à laquelle vous pensez quand il en est question. C’est cette chose qui a tourné le volant juste à temps pour éviter une collision avec un autre véhicule. C’est cette partie en vous qui a pris le dessus sur votre mental pour changer dramatiquement et salutairement le cours des choses. C’est la partie de vous qui a déclaré : « Je ne peux pas m’engager dans cette relation », une décision qui a déclenché des vagues de honte et d’anxiété en vous mais qui plus tard vous a sauvé.

Au fur et à mesure de l’émergence de la Connaissance en vous, vous ressentirez une incroyable présence spirituelle. Vous saurez qu’il y a une présence dans votre vie, en vous et autour de vous, et quoique inexplicable, elle sera si constante et si ferme que cela vous donnera du courage devant toutes sortes d’incertitudes. Vos amis diront : « Tu as changé. Qu’est-ce qui t’arrive ? » Et vous répondrez : « Je ne sais pas. » Vous commencerez à ressentir certaines choses très profondément et à éviter ces autres choses qui vous font du tort. Vous choisirez de nouvelles relations et de nouvelles expériences, laissant les anciennes derrière vous.

La Connaissance a un but à atteindre, mais vous ne pouvez pas le cerner. D’une part, la Connaissance ne l’a pas encore atteint ; d’autre part, c’est à elle qu’il revient de vous le montrer. De la même manière, elle vous prouvera la réalité de Dieu. Elle vous fera découvrir votre valeur. Comme un chirurgien dans son travail, vous pouvez contribuer au monde sans vous inquiéter de ce dernier ni de vous-même, car c’était là votre objectif en venant ici. Si vous vous souciez du monde, vous serez effrayé et en colère, et cette peur et cette colère pourront s’emparer de vous à tout moment.

L’analogie avec le chirurgien présente une valeur sous cet aspect : les chirurgiens sont profondément conscients de leurs limites. Ils ne guérissent personne. Ils exécutent une tâche technique. S’il y a guérison, elle a lieu conjointement avec leurs efforts. Ils participent à un événement plus élaboré dans lequel ils tiennent un rôle de premier plan.

Notre enseignement est très pratique, et c’est pourquoi nous décourageons les gens de trop s’orienter vers la métaphysique jusqu’à négliger leurs vraies responsabilités. Pourtant, le mystère se fera très présent dans votre vie à mesure que vous suivrez ce qui se révèle à vous. À partir de cela, vous vous joindrez à d’autres individus de même résonance, la Connaissance étant l’élément unificateur par excellence. Vous deviendrez partie intégrante d’une communauté, puisque vous avez été créé pour vivre ainsi. Il pourrait s’agir d’un groupe d’élèves, d’un mariage, d’une affaire… Vous vous donnerez naturellement dans ce cadre de votre choix et vous comprendrez alors pourquoi vous ne vous êtes pas donné auparavant. Non pas que vous étiez une mauvaise personne, mais ce n’était ni le moment ni la place. La Connaissance est très mystérieuse. Les gens savent qu’il y a là quelque chose, mais c’est si insaisissable ! Ils sont incapables de se l’approprier.

Alors, qu’en est-il du bonheur ? Il y a deux sortes de bonheur : celui du moment qui se produit lorsqu’on s’amuse et, en de rares occasions, celui que l’on ressent du fait de reconnaître de manière tangible une de nos relations. Et puis, il y a le bonheur de nature durable qui naît de la satisfaction de voir sa vie vraiment engagée. Ce n’est peut-être pas un bonheur spectaculaire, vous n’êtes pas là à vous éclater toute la journée, mais ce bonheur est persistant. Peu importe ce qui vous arrive, à vous ou au monde, vous avez trouvé votre place, votre voie, et une profonde certitude vous habite, selon laquelle vous progresserez sur cette voie.

À l’instar du chirurgien, vous n’êtes à ce moment-là ni chef de file ni disciple. Vous êtes les deux à la fois, car vous en menez d’autres et vous menez vos propres sens en même temps que vous êtes guidé par quelque chose de très grand. Vos maîtres intérieurs sont là pour vous aider à vous y préparer, car ils représentent le lien intrinsèque et ils sont venus d’où vous êtes venu. Ils sont l’évidence de votre vie au-delà de ce monde. Ils ne sont pas parfaits, car vous ne pourriez recevoir un maître parfait. En fait, un maître parfait est hypothétique, puisque tous les maîtres sont à différents stades de développement. Ainsi, les maîtres ont des maîtres, et ainsi de suite.

Par conséquent, la question du maître parfait ne devrait pas vous turlupiner. C’est comme la personne parfaite. Elle existe dans l’imaginaire seulement. Vous êtes un maître pour ceux qui ont besoin de vous et qui peuvent bénéficier de votre expérience et de votre disponibilité, et il y a des maîtres pour vous. C’est ainsi que tous progressent. Les gens demandent : « Qui êtes-vous pour nous dire ces choses ? D’où venez-vous ? » Nous venons de la même place que vous, et ces choses dont nous parlons, nous les avons expérimentées, apprises. De plus, nous sommes très, très impliqués dans ce monde.

Il n’y a pas de maîtres à votre disposition qui n’aient d’abord cheminé sur la voie que vous empruntez, car ils doivent être en position de comprendre votre expérience. De votre côté, vous devez avoir ce sentiment d’un lien, ou vous ne vous donnerez pas. Bien sûr, il y a des maîtres qui n’ont jamais vécu ici, mais ceux qui vous accompagnent appartiennent à votre Famille spirituelle et ils ont cheminé sur une route semblable à celle-ci, ici ou ailleurs. Par conséquent, ils comprennent vos difficultés à appliquer votre vie de l’au-delà à l’existence d’ici.

À ce point-ci, il est important de vous demander comment vivre dans le monde et cultiver la Connaissance. Certainement pas en changeant le monde. À un moment, vous serez prêt à vous intégrer dans le monde, équipé de vos réelles capacités, et vous n’aurez pas besoin de déterminer ce moment, car la Connaissance vous mettra en mouvement. Vous serez en mesure de trouver votre place, avec beaucoup d’assurance et ancré sur un pouvoir solide, parce que vous ne serez pas seul à effectuer le travail. Ceci est très important.

Vous êtes venu ici pour faire quelque chose, à défaut de quoi vous vous sentirez confus, frustré. C’est difficile à comprendre, étant donné votre tendance à pointer les circonstances de votre vie pour justifier votre frustration. Mais vous ne vous êtes pas engagé vis-à-vis de votre être véritable, et c’est cela qui vous obsède. Ce n’est pas que les gens ne vous comprennent pas ou que les circonstances ne vous soutiennent pas. Quand vous prendrez conscience de cela, vous concentrerez peu à peu vos efforts là où ils peuvent être vraiment efficaces, car peu importe combien vous équilibrez ou harmonisez vos affaires externes, ce désir d’engagement véritable continue encore et toujours de brûler en vous. Si vous y répondez avec élan, il équilibrera vos affaires. Recherchez donc ce royaume en premier.